Un oursin très apprécié qui a pourtant un nom à couper l’appétit

153
Oursins des Pescadores (photo : flickr)

Cela fait déjà une semaine que l’interdiction de la pêche à l’oursin a été levée dans les eaux des îles Pescadores (Penghu). Cette année, cette pêche est autorisée pour deux mois entiers, du 1er juillet au 31 août, alors que par le passé elle s’étendait du 16 juin au 31 août. Il s’agit donc d’un raccourcissement d’environ deux semaines. Cette révision a pour but de permettre à davantage d’oursins de survivre à la pêche saisonnière. Par ailleurs, selon une réglementation mise en place par les autorités locales, il est interdit de pêcher les oursins de moins de 8 cm de diamètre. Les enfreigneurs risquent de décoper d’une peine maximale de trois ans de prison et d’une amende de 150 000 dollars taiwanais ( 4 190 €).

Oursins des Pescadores (photo : CNA)

En réalité, la population d’oursins dans les eaux des Pescadores est en diminution continue malgré les efforts de sauvegarde déployés par le gouvernement et les chercheurs, comme notamment le repeuplement artificiel régulier. En avril dernier, 15 000 oursins de 3 à 4 cm de diamètres, artificiellement reproduits, ont été relâchés en mer.

A l’origine de la chute de population est la demande considérable d’oursins sur le marché. Ce produit est le fruit de mer phare des Pescadores. Il coûte cette année aux alentours des 2 300 NTD le kilo, soit 65 €. Son prix très peu accessible est dû au fait que les gonades d’oursin, organes reproducteurs, sont considérées comme un délice incomparable.

Le « corail », gonades d’oursin, est très apprécié par les gourmets (source : http://blog.sina.com.tw/jimmy/article.php?entryid=592231)

Cependant, cet aliment exquis a un nom qui coupe l’appétit : “mafun-haidan”. Déjà, la dénomination générique “oursin” se dit en chinois “haidan”, symbolisant “la bile de la mer”, qui évoquerait  l’amertume. De plus, Hemicentrotus pulcherrimus, espèce représentantive des Pescadores, dispose d’une spécification : “mafun”, signifiant “les matières fécales de cheval”. Pourquoi ? Cette appellation pas sexy du tout serait liée à un comportement propre à cet échinoderme. Pour se camoufler, il se couvre souvent de petits morceaux d’algues, de pierre et d’autres débris. Se confondant avec ces objets, l’ensemble des piquants, relativement fins, de l’oursin évoque une crotte de cheval contenant d’innombrables fibres de foin.

Oursins des Pescadores (photo : CNA)
Matières fécales de cheval (photo : Pixabay)