Quelle place pour la BD taiwanaise ?

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Taiwan a participé pour la 5ème fois consécutive au festival international de la BD d’Angoulême. Selon l’éditeur taiwanais Aho Huang [黃健和] : Durant ces cinq dernières années, la bande dessinée taiwanaise s’est développée en terme de droits d’auteur à l’étranger et a également gagné en qualité sur le plan des coopérations.

 

Au total, neuf dessinateurs taiwanais étaient présents lors de ce festival qui s’est clôturé hier. Aho Huang a souligné que si les dessinateurs de Formose souhaitent exporter leur oeuvres, il leur faut réfléchir à la portée universelle de celles-ci. Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas traiter de sujets propres à Taiwan, mais qu’il faut réfléchir sur le plan de la narration et du thème. Par exemple, la BD 80’s Diary in Taiwan ou « Mes année 80 » en français du dessinateur Sean Chuang peut parfaitement se vendre en langue française et en langue allemande.

 

Ao You-xiang, un autre auteur considéré comme un maître de son art à Taiwan, était pour la première fois au festival d’Angoulême. Lors d’une interview, il a déclaré que dans le système japonais de mangas, on est capable de maîtriser le rythme de création très rapidement. Mais en Europe, on est extrêmement méticuleux sur l’impression et la publication, il n’est naturellement pas possible d’être très rapide. La France protège et soutient la bande dessinée, les programmes de résidence pour artistes en sont un bon exemple et c’est d’ailleurs un point dont pourrait s’inspirer Taiwan. Selon lui, la technicité des dessinateurs taiwanais n’est pas moins bonne que celle des dessinateurs en Europe, mais il n’y a pas de bonne plateforme à Taiwan, ce qui est une préocupation des dessinateurs taiwanais : « Pour qui dessineront-ils plus tard ? »