Le remplacement de la peine de mort par la prison à perpétuité n’est pas envisagé par le gouvernement taiwanais

26

Le chef d’Etat a tenu une conférence de presse concernant le deuxième rapport national sur l’application de deux pactes de convention de l’ONU. Il a déclaré que la question de la peine de mort n’avait pas encore obtenu de consensus à Taiwan et que par conséquent, il n’était pas question de remplacer la peine capitale par l’emprisonnement à perpétuité. La justice continuera donc de l’appliquer mais avec beaucoup de prudence selon ses propos. Les pactes onusiens concernés sont le « pacte international sur les droits civiques et politiques » ainsi que le « pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels ». Taiwan n’en est pas pays signataire en raison de son absence de statut à l’ONU, mais souhaite y être sujet.

 

Récemment, lors du meutre d’une petite fille de 4 ans en pleine rue, des voix avaient été relayées dans les journaux affirmant que c’était parce que Taiwan avait adopté les deux pactes onusiens que les tribunaux attribuaient des sentences trop laxistes. Le président a tenu à souligner que ceci était un grand malentendu. Selon ses propos, le pacte sur les droits civiques et politiques établit de manière très claire les conditions sous lesquelles peuvent être appliquées la peine de mort. Il faut qu’il s’agisse d’un crime très grave, que la peine ne soit pas appliquée en violation de la convention de protection des droits de l’Homme, et enfin qu’elle ne soit appliquée qu’après un jugement final. Il a insisté sur le fait que Taiwan respecte à la lettre toutes ces conditions lors de l’application de la peine de mort et qu’il n’y a par conséquent aucun obstacle avec le droit international. Ceci ne signifie pas pour autant que Taiwan abuse de la peine de mort a-t-il dit : 20 ans plus tôt, la moyenne d’exécutés par an était de 18 tandis qu’elle est inférieure à 6 aujourd’hui.

 

Ma Ying-jeou a fait part que même si de nombreux pays ont aboli la peine de mort, les pays qui l’appliquent toujours représentent 60 %  de la population mondiale. Selon lui, abolir la peine de mort ne relèverait donc peut-être pas d’une tendance mondiale. Par ailleurs, plus de 80 % des Taiwanais sont toujours opposés à l’abolition de la peine de mort. Quant aux récentes condamnations définitives à la peine capitale, le président a réagi à la question visant à savoir si les peines seraient ou non appliquées en expliquant qu’il y avait un processus à respecter pour appliquer la peine capitale et que ce n’était pas possible dans un laps de temps très court. Il ne s’agit pas de repousser la chose, mais s’agissant de vie humaine, prudence est de mise.