La télévision taiwanaise a diffusé 5800 heures de séries chinoises et coréennes en 2015

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La nouvelle ministre de la culture Cheng Li-chun [鄭麗君] s’est exprimée pour la première hier depuis sa prise de fonction. Cette dernière a déclaré que les mesures prioritaires seront de demander au Yuan exécutif la mise en place de réunions régulières sur les affaires culturelles afin de répondre à divers objectifs. On peut citer par exemple l’élaboration d’une loi fondamentale pour la culture, la coopération avec le ministère de l’éducation pour promouvoir des projets éducatifs et culturels, la préservation et le renouvellement du patrimoine culturel, l’aide aux nouvelles générations pour la création etc. L’objectif est de mettre l’accent sur la culture taiwanaise et de la promouvoir au niveau international.

 

A ce titre, le député KMT Wu Chi-yang a fait part qu’il espérait que la nouvelle ministre de la culture, diplômée en philosophie, n’adoptera pas des mesures trop abstraites et qu’elle prendra en compte le lien avec l’indutrie. Ce dernier a mis l’accent sur l’industrie de la télévision qui rencontre de nombreuses difficultés. Des statistiques montrent en effet qu’en 2015, la télévision taiwanaise a diffusé 2800 heures de séries chinoises et 3000 heures de séries coréennes, soit 5800 heures au total. En comparaison, les séries taiwanaises ne représentaient que 2600 heures au total, dont la moitié étaient diffusées par la chaîne SET. La Chaîne EBC n’a quant à elle diffusé que 41 heures de séries taiwanaises.

 

Le député a exhorté le ministère à prendre des mesures face à de tels constrastes : « Je n’ai jamais compris, pourquoi autorisons-nous à Taiwan des chaînes qui diffusent 24h/24 des séries coréennes, pourquoi ? Les chaînes achètent des séries chinoises et coréennes et déjà, rien qu’en faisant cela, elles font des économies. Ajoutez à ça que pendant tout le long de la diffusion, elles affichent sur l’écran la marque commerciale des sponsors, ce qui leur permet d’acquérir des fonds privés supplémentaires. C’est un avantage compétitif énorme en comparaison aux séries taiwanaises, et c’est pourquoi ces dernières n’arrivent plus du tout à survivre. »

 

Le député a également critiqué le gouvernement en soulignant qu’à l’origine, l’autorisation d’affichage publicitaire durant la diffusion avait pour but de permettre aux séries insulaires d’obtenir plus de ressources. Finalement, ce sont les séries chinoises et coréennes qui en profitent et la mesure a perdu tout le sens de ce pourquoi elle a été mise en place. Il a appelé le ministère à agir pour obliger les annonceurs de publicités à acheter le même nombre de créneaux pour les séries taiwanaises que pour les séries étrangères et ne pas favoriser l’un ou l’autre. La ministre de la culture s’est montrée plutôt en accord avec le point de vue du député et a souligné la nécessité de renforcer le système de production national et la visibilité de l’industrie audiovisuelle taiwanaise.