L’américain William Theodore de Bary gagne le prix Tang de la section sinologie

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La seconde édition du prix Tang a annoncé aujourd’hui le gagnant de la section sinologie qui est revenu à l’américain de 97 ans William Theodore de Bary, professeur émérite à l’université de Columbia. William Theodore de Bary, né en 1919, est considéré comme l’un des pionniers américains dans l’étude du confucianisme. Durant sa carrière universitaire qui a duré environ 70 ans, il a écrit de nombreux ouvrages dont beaucoup ont permis des contributions novatrices et instructives dans le domaine du confucianisme.  En annonçant ce résultat, Lee Yuan Tseh [李遠哲], ancien président de l’academia sinica, a déclaré : « William Theodore de Bary a écrit près de 30 ouvrages, parmi ceux-là, nombreux ont été novateurs et ont contribué à l’étude du confucianisme à l’international. »

 

De Bary s’est par exemple debarrassé des théories et des valeurs occidentales lors de son étude du philosophe chinois Huang Zongxi [黃宗羲] pour réévaluer la méthode du système politique chinois. David Der-wei Wang [王德威], en charge de présenter le gagnant du prix, a expliqué que De Barry s’opposait à l’idée que le confucianisme était un obstacle à la modernité, et qu’au contraire il s’agissait d’un patrimoine culturel de l’Asie. Il considère que bien qu’il manquait en Chine une notion connue en Occident sous le nom de « libéralisme », cela ne voulait pas dire pour autant que la Chine n’était pas attaché à la liberté. Ses recherches ont montré que l’enseignement néo-confucéen vers la fin de la Chine impériale, en particulier dans la dynastie Ming, contenait des valeurs qu’il appelle de « tendances libérales ». Tout au long de l’histoire, ces valeurs ont été promulguées par des fonctionnaires lettrés confucéens et néo-confucéens, que le chercheur De Bary désigne comme des « gentlemen » avec une « voix prophétique », prêts à prendre position pour lutter contre les abus du pouvoir politique.