Un délai pour accepter le consensus de 92 est peu probable

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C’est ce qu’a exprimé la Présidente de Taiwan Tsai Ing-wen (蔡英文) le 18 juillet dernier lors d’une interview du quotidien américain The Washington Post. Aujourd’hui, le bureau présidentiel a rendu public le contenu de cet entretien durant lequel, la journaliste a évoqué une rumeur suggérant que Pékin avait fixé une date butoire pour que Taiwan accepte le consensus interdétroit de 1992. La Chef de l’Etat a écarté cette possibilité en ajoutant qu’elle était persuadée que le Président chinois Xi Jinping saurait faire preuve de bon jugement sur ce dossier. Elle a souligné que Taiwan est un pays totalement démocratique et que les leaders politiques chinois doivent comprendre qu’il n’est pas possible de forcer la population insulaire d’accepter le soi-disant consensus 92. A noter que selon Pékin, les deux rives du détroit s’étaient convenus en 1992 sur le fait qu’ils faisaient partie d’une seule Chine alors que le parti au pouvoir taiwanais, le parti démocrate progressiste, nie l’existence de ce soi-disant consensus. Tsai Ing-wen a déclaré à maintes reprises qu’elle reconnaissait simplement le fait qu’une rencontre interdétroit de négociation avait eu lieu à Hong Kong en 1992.

 

Par ailleurs, durant l’interview de The Washington Post, Tsai Ing-wen s’est aussi exprimée à propos de la décision de la Cour permanente d’arbitrage concernant la mer de Chine méridionale. Elle a renié la force légale contraignante de la décision en invoquant les trois raisons suivantes : d’abord, étant partie directement concernée, Taiwan n’a pourtant jamais été invité à participer au processus d’arbitrage ; deuxièmement, Taiwan n’accepte pas d’être désignée par la Cour d’arbitrage comme « l’autorité taiwanaise de Chine » et troisièmement, Taiwan n’accepte pas que l’île de Taiping dont elle détient la souveraineté soit définie comme un « récif » et non comme une « île » à part entière.