Le KMT se dit prêt à donner tous ses biens

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Depuis le dépôt du texte sur le traitement des biens obtenus de manière inappropriée par les partis politiques, le parti Kuomintang (KMT) le conteste toujours. Ce texte a été adopté au Parlement hier. Aujourd’hui, le KMT a tenu une conférence de presse sur ce dossier, protestant contre l’injustice qu’il représente. Selon ce plus grand parti d’opposition, cette loi le vise tout particulièrement et d’une manière anti-constitutionnelle. A noter que depuis la rétrocession de Taiwan à la Chine à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le KMT a été au pouvoir pendant 63 ans. Lors de la rétrocession, le parti aurait reçu des autorités coloniales japonaises beaucoup de biens qui auraient dû être rendus à l’Etat. La nouvelle loi aura une force rétroactive remontant au 15 août 1945.

Le KMT demande comment on peut exiger d’un parti politique qu’il garde tous ses documents relatifs aux dons et aux cotisations de ses membres sur 71 années. Or, selon la loi, ces documents sont indispensables pour prouver la légitimité de ces revenus, qui constituent en général la principale source de financement des partis politiques. Le KMT est déterminé à solliciter l’interprétation des juges constitutionnels à propos de la nouvelle loi. Chan Chi-shean, le premier vice-président du parti a indiqué la position du parti : « Si les juges constitionnels nous donnent raison, nous ferons quand-même dons de nos biens. Nous ne garderons plus rien de toute manière. Seulement nous ne voulons pas accepter l’injustice et les motifs injustifiables. C’est ce que nous visons spécialement. La demande d’interprétation constitutionnelle ne signifie pas que nous cherchons à garder nos biens. Je tiens à souligner que quel que soit le résultat, nous n’aurons plus rien et nous aurons à faire face à une nouvelle situation. » Le KMT conteste par ailleurs le pouvoir de la future commission chargée de juger la légitimité des biens des partis politiques. En ce qui concerne son statut, cette commission relèvera du gouvernement central.