L’ancien Président Ma Ying-jeou inculpé pour trois chefs d’accusation dont la divulgation d’informations confidentielles

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Les juges d’instruction du tribunal de Taipei ont mis en accusation aujourd’hui l’ancien Président de la République Ma Ying-jeou (馬英九) pour avoir violé le Code Pénal concernant la divulgation d’informations, la loi sur la surveillance de la sécurité de communication et la loi sur la protection des données personnelles.

 

Ce dossier de divulgation d’informations est survenu en 2013 au moment où la cellule spéciale d’investigation enquêtait sur la corruption de certains juges. Les écoutes téléphoniques à l’encontre des juges auraient dévoilé l’implication de deux députés dont le Président du Parlement Wang Jin-pyng (王金平) dans un abus d’influence auprès de la justice. Le procureur général en chef de l’époque, Huang Shyh-ming (黃世銘) averti de cette implication, l’avait dévoilé au Chef de l’Etat qui lui aurait ordonné de rapporter le dossier au premier ministre Jiang Yi-huah (江宜樺) et au secrétaire général adjoint de la Présidence de l’époque Lo Chih-chiang (羅智強).

 

Le procureur général adjoint du tribunal de Taipei Chang Chieh-chin (張介欽)a indiqué les motifs de mise en accusation de Ma Ying-jeou : « Les juges d’instruction chargés du dossier estiment que l’accusé était conscient que des assignations auraient lieu dans la suite des investigations. Ainsi, même s’il a dit qu’il ne donnerait pas d’instruction ni n’interférerait dans le dossier, l’accusé a divulgué des informations qui devaient rester confidentielles durant l’investigation, des données personnelles du député Ko Chien-ming (柯建銘) ainsi que des informations obtenues des écoutes téléphoniques à Jiang Yi-huah et à Lo Chih-chiang peu après sa rencontre avec le procureur général en chef Huang Shyh-ming. Par la suite, le 4 septembre, il a incité ce dernier à divulguer les secrets à  Jiang Yi-huah tout en lui donnant les informations relatives. »

 

Les juges d’instruction chargés du dossier estiment que l’ancien Chef de l’Etat, un diplômé de droit, n’a pas fait la distinction entre la politique et la justice et qu’il encourt au maximun trois années d’incarcération. A la suite de son inculpation, Ma Ying-jeou a réitéré son innocence et sa déclaration est d’ailleurs soutenue par son parti, le KMT.