Les pilotes de Taoyuan manifestent depuis leur fenêtre contre le « cycle sans fin travail-quarantaine »

1
Les pilotes de Taoyuan manifestent depuis leur fenêtre contre le “cycle sans fin travail-quarantaine” (Image : Syndicat des pilotes de Taoyuan)

Quelque 300 pilotes des compagnies aériennes taïwanaises Eva Air et de China Airlines ont manifesté aujourd’hui d’une manière singulière leur mécontentement concernant leurs conditions de travail.

Les pilotes, bloqués dans leur chambre d’hôtel de quarantaine, ont accroché un ruban jaune à leur fenêtre pour dénoncer un « cycle sans fin de travail et de quarantaine », une situation qui perdure depuis de longs mois en raison de la situation sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

L’initiative intervient quelques jours après la mort d’un pilote vénézuelien dans sa chambre d'hôtel, un décès lié à un état d’épuisement physique mais aussi mental dont il s’était plaint précédemment auprès de ses proches. En cause, 20 mois de périodes de travail entrecoupées de quarantaine, d’isolement ou d’autosurveillance de santé renforcée. Une situation que connaissent aussi tous les pilotes taiwanais, qui se plaignent de n’avoir presque pas de jours « de liberté » pour profiter de leurs proches ou se reposer.

Une situation dangereuse pour les pilotes et, par conséquent, pour la qualité de leur travail et la sécurité de leurs passagers. Mais les pilotes s'inquiètent aussi du risque de contamination au Covid-19. Aujourd’hui, un pilote étranger de Eva Air a ainsi été testé positif après la fin de sa période de quarantaine. Car les compagnies demandent aux pilotes de travailler et de voler avant la fin de la période de quarantaine. 

Une situation qui doit cesser selon le syndicat des pilotes de Taoyuan, qui a publié les « emplois du temps d’enfer » des pilotes à partir d’octobre. Il s'avère que sur la période de 44 jours, les pilotes comptent seulement trois jours d'autosurveillance de santé qu’ils peuvent passer auprès de leur famille. Le syndicat demande ainsi au moins trois jours par mois de « liberté » pour les pilotes et le reste du personnel navigant.

Notons que un des hôtels de quarantaine a refusé de distribuer les rubans jaunes aux pilotes résidant dans ses chambres sans l’accord de la compagnie. Un refus vivement critiqué par le syndicat qui a dit ne pas comprendre que les pilotes ne soient même pas autorisés à appeler au secours.

Source:RTI
Auteur:La Rédaction
RTI