Records de chaleur à Taïwan, les villes inventent leur « droit au vent »

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Photo de tours à Taipei (Clément Tricot)

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Plus de 40 dégrès Celsius à Taitung, plus de 39 à taipei, les villes taïwanaises sont de plus en plus chaudes. Le réchauffement climatique n’est pas le seul à blâmer. Manque de planification urbaine, problèmes de conception architecturale et pression immobilière sont tout autant de facteurs qui contribuent à augmenter la température en ville.

Récemment pointés du doigt, les grands complexes immobiliers en bordure d’espaces verts ou en bord de rivière fonctionnent comme des « paravents ». Les hautes tours de complexes immobiliers de luxe font le bonheur de leurs propriétaires avec les vues qu’elles offrent. Elles font cependant le malheur des voisins. En bloquant la circulation du vent, certaines bloquent l’aération naturelle et contribuent à créer des ilôts de chaleur urbains.

Cette situation engendre un cercle vicieux. Sans aération naturelle, notamment la nuit, les bâtiments et la température des quartiers restent élevées. Les habitants des ilôts de chaleur font encore plus fonctionner leurs climatisations. Le fonctionnement à plein régime des climatisations conduit à encore plus de réchauffement des quartiers. Le serpent ne se mord pas la queue, il chauffe.

Taïwan, comme d’autres pays du monde, se pose désormais la question de l’importance du « droit au vent ». Assurer une aération naturelle s’impose comme un impératif économique et environnemental. Le « droit au vent » comprend aussi une dimension sociale : les tours luxueuses peuvent-elles priver les habitants voisins, moins riches, de l’accès au vent ?

Retrouvez plus d’informations sur les démarches de plusieurs villes taiwanaises pour prendre en compte la circulation de l’air. Nous discutons aussi avec Chen Fang Yu, dont l’article publié sur le sujet dans le magazine Future City sera présenté dans ce nouvel épisode de la ville en pratiques.

Chen Fang-Yu

L’article de Future City :