Le dipôle de l’océan indien qui a causé les feux ravageurs en Australie a des effets sur les précipitations à Taiwan

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Le dipôle de l’océan indien qui a causé les feux ravageurs en Australie a des effets sur les précipitations à Taiwan Photo Professeur Abram

Des études ont révélé que les terribles feux de forêt de l’année dernière en Australie ont été principalement causés par un phénomène climatique le « dipôle de l’océan Indien (DIO) ». En bref, c’est l’air descendant et asséché dans l’est de l’océan Indien qui bloque l’humidité provenant de la mer dans le sud de l’Australie et cela s’est conjugé à des températures élevées et une sécheresse sans précédent, provoquant des incendies à grande échelle.

Shen Chuan-Chou (沈川洲), professeur titulaire du département de géologie de l’université nationale de Taiwan, a expliqué que les chercheurs ont analysé les spécimens de corail des îles de Sumatra et qu’ils ont constaté qu’après le 20e siècle, la fréquence des dipôles est devenue de plus en plus intensive.
Le professeur a aussi précisé qu’il existait un couplage étroit et persistant entre la variabilité du DIO et du phénomène d’oscillation australe de type El Niño du Pacifique central qui influence les précipitations à Taiwan : « Quand on observe les précipitations dans le centre et le sud de Taiwan, elles se concentrent en été. Il ne pleut relativement pas en automne, et il ne pleut pas en hiver. La sécheresse se forme ainsi au printemps. Il n’y aura donc pas de pluie pendant neuf mois dans l’année. La sécheresse de longue durée est un fait auquel nous serons confrontés à l’avenir, et il semble que cette situation deviendra de plus en plus grave. »

Shen Chuan-Chou a souligné que les températures exceptionnellement élevées dans le centre de l’océan Pacifique vont se poursuivre, ce qui entraînera davantage de typhons en été et probablement en automone. Au contraire, les vents d’ouest dominants dans la région tropicale du Pacifique occidental modifieront la circulation régionale des courants, ce qui entraînera une diminution continue des pluies de printemps à Taïwan. Selon les chercheurs, si le schéma reste inchangé, les longues sécheresses pourraient s’observer au cours des prochaines décennies. Les inondations dans le sud de Taïwan pourraient alors devenir de plus en plus graves.

Pour plus de précisions, les études des coraux démontrent qu’avant 1590, la fréquence des événements de dipôle de l’océan Indien était relativement faible, avec une moyenne d’une fois tous les 25 ans. Mais au cours des 500 années suivantes, le cycle d’occurrence a été réduit à 8 ans. Au XVIIe siècle et après 1960, la fréquence d’occurrence était élevée, avec une moyenne d’une fois tous les trois ans. Au cours des 60 dernières années, ce phénomène a été observé quatre fois.

Notons que Shen Chuan-Chou a reçu le soutien du ministère des Sciences et Technologies dans ces études et qu’il a été invité à participer en 2001 par Nerilie Abram, professeur à l’université nationale d’Australie aux études des coraux près des îles de Sumatra. Les résultats de ces recherches sont également publiés dans la revue spécialisée Nature.