Le mot de la semaine: interdiction – 禁 (jin)

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Panneau d'interdiction (image internet)

Le mot de la semaine est « jin (禁) » qui signifie interdire ou interdiction.

Des centaines de millions de personnes dans le monde sont actuellement en confinement. Ce dernier terme peut être traduit en chinois par « jin-zu (禁足) », littéralement « interdire les pieds », pour traduire le fait qu’il est interdit à quelqu’un de quitter un lieu. Avant l’arrivée du COVID-19 et des mesures de confinement appliquées par de nombreux pays, le terme jin-zu était déjà souvent utilisé, notamment dans le cadre familial en tant qu’une sanction imposée par les parents. Toujours dans le cadre familial ou estudiantin, il peut y avoir des « men-jin (門禁) », men signifiant « porte ». L’interdiction des portes (men-jin) désigne alors l’heure à laquelle il faut rentrer au plus tard le soir à la maison ou au dortoir.

« Jin-yan (禁菸) », littéralement « interdire le tabac » est un terme fréquemment utilisé dans la société taiwanaise qui es l’équivalent de « défense de fumer ». Par conséquent, à Taiwan, dans les lieux publics ou aux abords des magasins de proximité, les affiches « 禁菸 » sont monnaie courante.

« Jin-shu (禁書) », « interdire les livres » ! A Taiwan, ce terme a malheureusement existé pendant la terreur blanche (1949-1987). Par le biais de l’interdiction des livres, le gouvernement autoritaire voulait censurer la voix des dissidents libéraux ou indépendantistes. Durant cette époque, le gouvernement pouvait saisir les « livres interdits » par le biais du bureau de l’information ou de la police générale et arrêter ceux qui publiaient, vendaient ou faisaient circuler ces « livres interdits ».

Traditionnellement, dans la culture chinoise, le mot « interdire » est également employé pour tout ce qui entoure l’empereur. « Jin-wei-jun (禁衛軍) » désignait par exemple les gardes du corps de l’empereur. Cette garde rapprochée avait pour mission de protéger l’empereur à tout moment. Le palais de l’empereur s’appelle « jin-gong (禁宮) », gong signifiant « palais ». En Chine, il y a la très célèbre « Ze-jin-cheng (紫禁城) », la Cité interdite, au sein de la cité impériale de Pékin qui a servi de palais aux 24 empereurs des dynasties Ming et Qing.