Les agents de renseignement auraient été impliqués dans le meurtre de la famille Lin

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La commission de la justice transitionnelle dévoile son rapport sur le meurtre de la famille Lin (Photo CNA)

La commission de la justice transitionnelle a rendu public hier le rapport de son enquête sur le meurtre des membres de la famille Lin survenu le 28 février 1980, un incident survenu pendant la terreur blanche à Taiwan. Après les études des archives déclassifiées des organismes publics, comme le bureau de la sécurité nationale ou le bureau d’enquête, la commission indique que cette famille était bien placée sous surveillance des informateurs et des écoutes téléphoniques un an avant le meurtre. Il y a eu un coup de téléphone donné depuis la résidence Lin probablement peu après le meurtre mais l’enregistrement a été détruit, rendant difficile de lever le voile sur cette affaire.

Yu Po-hsiang (尤伯祥), membre de la commission de la justice transitionnelle, estime que les autorités du régime martial étaient probablement impliquées dans le meurtre : « Nous citons trois raisons ou logiques qui témoignent de l’implication possible des autorités. Tout d’abord, les services des renseignements étaient les auteurs principaux ou alors ils ont consenti au crime puisqu’ils maîtrisaient les informations avant l’acte et qu’ils ont détruit ensuite les preuves. Deuxièmement, les autorités étaient informées après le crime. Etant donné qu’elles étaient en lien avec l’auteur ou alors que le contenu de l’enregistrement téléphonique leur était néfaste, ils ont détruit l’enregistrement. Et la troisième possibilité est qu’il s’agit là réellement d’un accident comme le prétendent les services de renseignements. »

Le 28 février 1980, une personne est entrée par effraction dans la résidence de l’activiste Lin Yi-hsiung (林義雄) et a poignardé sa mère et ses trois filles. Une seule fille a survécu à l’attaque. La résidence de Lin a est ensuite devenue l’église presbytérienne de Gikong à Taipei.