Crise ouïghoure : entretien avec Vanessa Frangville (1/2)

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In this Monday, Dec. 3, 2018, photo, residents line up inside the Artux City Vocational Skills Education Training Service Center at the Kunshan Industrial Park in Artux in western China's Xinjiang region. Across the Xinjiang region, a growing number of internment camps have been built, where by some estimates 1 million Muslims are detained, forced to give up their language and their religion and subject to political indoctrination. Now, the Chinese government is also forcing some detainees to work in manufacturing and food industries. Some of them are within the internment camps; others are privately owned, state-subsidized factories where detainees are sent once they are released. (AP Photo/Ng Han Guan)

Vanessa Frangville était, la semaine dernière, de passage à Taipei. RTI a eu l’occasion de l’interroger alors qu’elle donnait, vendredi 20 décembre, une conférence à l’antenne de Taipei du Centre d’étude français sur la Chine contemporaine (CEFC), sur le campus de l’Academia Sinica.

Vanessa Frangville est professeur en études chinoises à l’Université libre de Bruxelles, et a d’abord effectué des recherches sur les politiques ethniques et les productions culturelles non-han, notamment dans le cinéma chinois. Elle a ensuite, depuis environ 2 ans, réorienté ses recherches pour s’intéresser à la diaspora ouïghoure, principalement en Europe et à travers le prisme de l’activisme.

Le premier volet de cet entretien s’intéresse à la situation actuelle dans la région autonome du Xinjiang (aussi connu sous le nom de Turkestan oriental) en abordant notamment la question des camps d’internement et la politique du Parti communiste chinois sur place.

Dans le deuxième volet, Vanessa Frangville évoquera davantage son travail de recherche qui se concentre principalement sur les différentes formes d’activisme au sein de la communauté ouïghoure basée en Europe.