Taiwan sur sa réserve concernant la venue du Hongkongais Chan Tung-kai, suspecté de meurtre

99
Chan Tung-kai ((陳同佳) suspect du meurtre de sa petite amie hongkongaise à Taiwan (photo CNA)

L’affaire de meurtre du Hongkongais Chan Tung-kai (陳同佳) sur sa petite amie hongkongaise à Taiwan, devenue célèbre pour être désignée comme l’excuse de l’élaboration de la loi très controversée sur l’extradition, est actuellement au coeur de l’actualité taiwanaise. Les autorités hongkongaises ont indiqué en fin de semaine dernière que Chan Tung-kai qui terminera prochainement sa période d’incarcération pour vols serait prêt à se rendre à la justice taiwanaise.

Du côté de Taiwan, l’île a insisté sur l’absence d’assistance mutuelle judiciaire avec Hong Kong qui paralyse toute coopération possible, y compris l’envoi des preuves. Hong Kong n’a jamais répondu à cette demande de Taiwan depuis le début du dossier. Faute de coopération possible, la justice taiwanaise a émis un avis de recherche de 37 ans et 6 mois à l’encontre de Chan Tung-kai.

Le directeur du bureau de la sécurité nationale, Chiu Kuo-cheng (邱國正), a soulevé son inquiétude ce lundi devant le Yuan législatif concernant l’attitude de Hong Kong sur ce cas dans un moment crucial pour le gouvernement hongkongais : « De ce que je sais, en février 2018, au début de ce dossier, le ministère de la Justice et la commission ministérielle des Affaires continentales ont invité Hong Kong à discuter dans l’espoir du retour du suspect à Taiwan. Mais apparemment ils n’ont jamais répondu, après plus d’un an, nous n’avons toujours pas eu de réponse. Et tout à coup, en cette période délicate, ils nous disent qu’ils sont prêts à nous transférer la personne concernée. Il y a de quoi avoir des doutes, donc nous évaluons ce dossier avec beaucoup de précaution. »

La commission ministérielle des Affaires continentales a émis des doutes quant à la réelle volonté du suspect de se rendre à la justice taiwanaise. Elle n’écarte pas la possibilité que le suspect ait été forcé à venir à Taiwan. La commission soupçonne également une éventuelle manipulation politique dans ce dossier qui tente de minimiser la souveraineté taiwanaise en l’absence d’un accord d’assistance mutuelle judiciaire entre Taiwan et Hong Kong.