Où en est la lutte pour la reconnaissance des anciennes esclaves sexuelles de l’armée japonaise ? (2)

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Image d'archive du Musée AMA (Image : Aimable crédit du Musée AMA et de la Taipei Women's Rescue Foundation)

Ama (阿嬤). Un terme affectueux en taiwanais pour désigner une grand-mère. Ce mot si doux et familier, elles le préfèrent à celui, en chinois, de weianfu, littéralement « femmes de réconfort ». Ce dernier terme est un euphémisme inventé par le Japon qui évoque le point de vue de l’armée japonaise pour désigner les victimes de l’esclavage sexuel organisé par l’empire japonais pendant la guerre du Pacifique, de 1931 à 1945.C’est un terme qui cache la cruauté, la torture physique et la déshumanisation des victimes, originaires de Corée du Sud pour la plupart mais aussi de Chine, de Taiwan, des Philippines, d’Indonésie, et d’autres pays d’Asie du Sud-Est.

Pendant la seconde guerre mondiale et même avant, puisque le conflit commence plus tôt en Asie, l’armée impériale japonaise, avec l’accord et l’aide du gouvernement, a mis en place un vaste système d’esclavagisme sexuel, forçant des dizaines de milliers de femmes originaires de terres occupées et de colonies, à avoir des relations sexuelles avec les soldats, sur le front et à l’arrière. Ce système avait été pensé, en obligeant les soldats à se protéger pendant les rapports, à prévenir contre les maladies sexuellement transmissibles en recrutant de force des filles, le plus souvent mineures. En plus de garantir la santé des soldats et donc leur combativité, ce système devait aussi maintenir le moral des troupes, et éviter la fuite de secrets militaires.

Le deuxième épisode de cette série de deux décryptages sur les « femmes de réconfort » taiwanaises vous propose de s’intéresser à la lutte pour la reconnaissance et pour les droits des victimes taiwanaises. Vous pouvez également retrouver ici le premier épisode, consacré au travail de le la Taipei Women’s Rescue Foundation (婦女救援基金會) pour venir en aide aux survivantes, et au travail de mémoire à travers la découverte du Musée AMA (阿嬤家- 和平與女性人權館), à Taipei.

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